« Synthétique » ou « de laboratoire » ? La guerre des mots qui secoue le diamant
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Si vous avez magasiné une bague de fiançailles récemment, vous avez sûrement vu les mots « de laboratoire », « créé en laboratoire » et parfois « synthétique » pour désigner le même type de pierre. Cette semaine, ce vocabulaire est devenu un véritable bras de fer. Le 20 octobre, un nouveau regroupement, le Diamond Producers Council (DPC), a invité les bijoutiers à rejeter une recommandation de la CIBJO, la Confédération mondiale de la bijouterie, et a prévenu qu’il pourrait intenter des recours contre ceux qui utilisent le mot « synthétique » de façon trompeuse.
D’où vient la querelle
La CIBJO est un organisme international de l’industrie qui publie des normes volontaires, les « Blue Books ». À son congrès 2026, qui s’est terminé le 14 septembre, elle a décidé de recommander « synthétique » comme seul terme pour les diamants qui ne sont pas extraits d’une mine, refusant d’ajouter « cultivé en laboratoire » comme le demandaient certains membres. Le rapport 2026 de sa Commission du diamant évoque aussi des moyens de réserver les fameux 4C (taille, couleur, pureté et carat) aux diamants naturels.
La CIBJO n’est pas seule. Selon Rapaport, la France a adopté « synthétique » pour toutes les pierres non naturelles en 2024, la Russie a suivi en juin 2026, et la London Diamond Bourse a annoncé en septembre qu’elle utilisera aussi « diamant synthétique ».
La réponse du camp des diamants de laboratoire
Le DPC, qui affirme que ses membres produisent plus de 20 millions de carats par année, juge la recommandation de la CIBJO « biaisée » et « trompeuse ». Son argument est simple : un diamant de laboratoire est un diamant. La zircone cubique, la moissanite et le verre sont d’autres matériaux, rappelle-t-il, alors qu’un diamant de laboratoire est bel et bien du diamant. Il cite un sondage de 2016, soumis à la Federal Trade Commission américaine, selon lequel 56 % des répondants comprenaient « diamant synthétique » comme une imitation ou un faux.
Le regroupement souligne aussi que la CIBJO n’est pas un organisme gouvernemental et que ses normes sont volontaires : les obligations légales des bijoutiers viennent des lois de l’endroit où ils font affaire. Il recommande de s’en tenir à « diamant de laboratoire », « diamant créé en laboratoire » ou au nom d’une marque suivi de « diamant créé », et dit qu’il entamera des procédures contre les bijoutiers qui emploient « synthétique » de manière trompeuse. Au moment du reportage de Rapaport, le 22 octobre, la CIBJO n’avait pas répondu publiquement.
Pourquoi ça compte maintenant
C’est plus qu’une question d’étiquette. Les pierres de laboratoire se sont imposées très vite : le président du comité de la CIBJO sur ces diamants, Wesley Hunt, a indiqué que plus de la moitié des bagues de fiançailles vendues aux États-Unis, en volume, en contiennent maintenant une. Quand une catégorie grandit aussi rapidement, les mots employés pour la décrire influencent la façon dont les acheteurs en perçoivent la valeur, et les deux camps le savent.
Peu importe le mot utilisé, l’essentiel, c’est la transparence : vous devez toujours savoir si votre pierre a été extraite ou créée en laboratoire, et avoir un certificat de classement qui le précise. Les deux sont de vrais diamants, avec leur propre histoire, leur prix et leur valeur à long terme, et aucun choix n’est mauvais. Si vous hésitez entre les deux pour une bague, on se fera un plaisir de vous les montrer côte à côte : prenez rendez-vous à notre atelier de Montréal.
Sources : Diamond Producers Council via GlobeNewswire (20 oct. 2026) · Rapaport (22 oct. 2026) · Rapaport (14 sept. 2026)